Axiales: Pour quelles raisons, la SFHST, que vous présidez, soutient-elle le Salon d'Histoire des Sciences et des Techniques d'Ivry?
Bernard Joly: Tout naturellement. La société que je préside à vocation à promouvoir l'Histoire des Sciences et des Techniques, et c'est donc avec enthousiasme que nous soutenons cette initiative.
A.: Mais pourtant, il existe d'autres salons du livre…
B. J.: Oui, mais il n'existe pas d'autres salons spécialisés, comme celui-ci, où l'on peut aborder plusieurs thématiques, et avoir des ouvrages très pointus et d'autres de vulgarisation. Dans les salons plus généralistes, cette discipline est parfois absente.
A.: Comment marquez-vous votre implication dans le Salon du Livre d'Histoire des Sciences et des Techniques?
B. J.: Dans la préparation elle-même, où nous diffusons l'information via notre lettre d'information ou notre site; en invitant nos adhérents ou nos sympathisants à présenter des livres ou à être présent sur les stands. Nous-mêmes d'ailleurs tenons un stand, puisque nous coéditons les Cahiers d'Histoire et de Philosophie des Sciences avec Vuibert. Nous avons organisé deux des tables rondes du salon: Pourquoi enseigner l'histoire des sciences et des techniques de l'École à l'Université? avec Évelyne Barbin, qui est membre de notre Bureau, et une consacrée aux Jeunes chercheurs, qui leur permettra de présenter leurs travaux et de faire partager leurs efforts - et leurs soucis - pour diffuser ces travaux.
A.: Combien de thèses sont présentées chaque année?
B. J.: Plusieurs dizaines. Mais il est très difficile d'avoir une évaluation très précise, de nombreuses thèses étant soutenues en Philosophie ou en Histoire. Le seul repère est les 17e et 72e sections du CNU, mais le nombre de postes ouverts chaque année est très faible, 3 ou 4 pour la 17e section par exemple. De ce fait, de nombreux docteurs trouvent difficilement un emploi. Pour cette raison, il est, pour nous, très important d'offrir des tribunes.
A.: L'Histoire des Sciences et des Techniques serait donc mal reconnue?
B. J.: Des professeurs, des maîtres de conférences travaillent ensemble pour construire une réflexion qui essaie de faire référence dans l'enseignement secondaire. Des groupes de travail qui se préoccupent de renforcer la formation des enseignants dans les IUFM ont été mis en place. Il s'agit d'enseigner différemment les sciences, en donnant plus de profondeur à l'enseignement. Quant à l'université, le rapport Lecourt, il y a quelques années a permis de créer quelques postes de maîtres de conférence, et certains ont pu saisir la réforme LMD1 comme une opportunité, mais la situation est variable selon les universités. Pour l'instant, cela reste un vaste chantier.
Propos recuellis par Marc Mentré
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